Réflexion sur l’alimentation

Tu as essayé combien de régimes jusqu’ici ?

Trois ? Dix ? Tu ne comptes plus.

À chaque fois c’est pareil.

La décision, l’élan, les premiers jours qui se passent bien.

Et puis quelque chose qui lâche.

Pas dramatiquement.

Doucement.

Presque sans t’en rendre compte.

Un écart. Puis deux.

Et puis tu te dis que tu t’y remettras lundi.

Et tu conclus la même chose qu’à chaque fois.

Que tu manques de volonté. De discipline.

Que les autres y arrivent. Pas toi.

Moi j’ai passé vingt ans à tourner dans ce cycle.

Vingt ans à recommencer. À me restreindre. À craquer. À culpabiliser. À recommencer encore.

Vingt ans à croire que le problème c’était moi.

Et un jour le déclic :

Qui a décidé que ton poids était un problème ?

Pas toi. Pas ton corps. Pas ta santé.

D’où vient l’idée que tu dois changer ?

Moi ça venait de ma mère. Et d’un nutritionniste. J’avais dix-sept ans.

Avant ça, je mangeais. Je bougeais. Je ne pensais pas à mon corps.

Mais ce jour-là, quelqu’un a décidé que mon corps était un problème à résoudre.

Et j’ai intégré ce regard. Lentement. Sans m’en rendre compte.

Il est devenu le mien.

Une voix qui commente chaque repas.

Qui calcule.

Qui juge.

Vingt ans de bruit de fond dans ma tête.

Ce que j’ai compris beaucoup plus tard, c’est que la guerre contre le poids crée souvent exactement ce qu’on essaie d’éviter.

La restriction chronique dérègle les signaux de faim.

Le corps se défend. Il stocke. Il réclame.

Et quand tu craques sur le chocolat à 22h, ce n’est pas parce que tu es faible.

C’est peut-être parce que tu as trop restreint dans la journée.

C’est peut-être hormonal.

C’est peut-être une boucle que ton cerveau a appris à reproduire dans certaines situations.

Ce n’est pas un défaut de caractère.

C’est de la physiologie.

La « solution » qu’on t’a donnée crée souvent le problème qu’elle était censée résoudre.

Moins tu manges, plus ton corps se défend.

Plus ton corps se défend, plus tu craques.

Plus tu craques, plus tu te juges.

Et plus tu te juges, plus tu recommences le même cycle.

Pendant ce temps, ton poids n’est peut-être pas le problème.

Il n’a peut-être jamais été le problème.

Ce qui est épuisant, ce n’est pas ton corps.

C’est la guerre que tu lui fais.

C’est l’énergie que tu dépenses à essayer de le changer plutôt qu’à l’écouter.

C’est le bruit de fond permanent — cette voix qui juge, qui calcule, qui compare.

Ton corps, lui, il essaie juste de faire son travail.

Je ne dis pas que tout est simple à défaire.

Vingt ans de conditionnement ne disparaissent pas en une semaine.

Mais ça commence par une seule question :

Et si ton poids n’avait jamais été le vrai problème ?

Qu’est-ce qui changerait dans ta vie si tu arrêtais de le traiter comme tel ?

Depuis combien de temps tu es en guerre contre ton corps ?

Est-ce que tu as déjà questionné le système qui t’a appris à douter — ou tu as toujours cru que c’était toi qui ne faisais pas assez bien ?

Quelle serait la toute première mini étape pour commencer à déposer les armes ?

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